Publié le 5 octobre 2020 Mis à jour le 8 octobre 2020

Parti au Colorado pour son mémoire, Eliott Nagar (Ir. EIT 2020) s’est retrouvé coincé au centre mondial de la pandémie. De retour en Belgique, l’ingénieur nous raconte son projet de Machine Learning et son confinement.

Être confiné dans une petite ville du Colorado pendant plusieurs mois : ce n’est pas ce qu’avait imaginé Eliott Nagar (Ir. EIT 2020) en partant aux Etats-Unis pour son mémoire en février. Après un premier quadrimestre à TU Delft (Pays-Bas), Eliott a rejoint la University of Colorado Boulder pour travailler sur un projet de Machine Learning, encouragé par la bourse Américaine Europe-Colorado. « L’objectif de mon travail était d’étudier l’influence des tempêtes solaires sur l’état excité du monoxyde d’azote (NO), un gaz présent dans la thermosphère (haute couche de l’atmosphère). Les tempêtes solaires réchauffent l’atmosphère, tandis que le NO la refroidit en laissant l’énergie s’échapper sous forme d’infrarouges », explique Eliott.

Sa promotrice aux États-Unis, Delores Knipp, spécialiste en génie géospatial, souhaitait quantifier les actionneurs et créer un modèle de prévision. « Bien comprendre les caractéristiques de notre atmosphère est crucial, car les tempêtes solaires font varier la température et donc la densité de celle-ci, ce qui change la trajectoire des satellites, les rend impossibles à localiser et perturbe les positions GPS », indique Eliott.

Eliott Nagar Pour apprivoiser ces phénomènes, l’ingénieur a créé un modèle en NARMAX capable de simuler les flux et d’élaborer des prévisions à trois jours. Un modèle particulièrement intéressant pour la NASA, qui a activement participé à la supervision du projet. « Aujourd’hui, même si j’ai rendu mon mémoire, j'approfondis ma recherche. J’ai notamment ajouté de nouveaux paramètres au modèle pour le rendre plus précis », note Eliott, qui rédige actuellement son premier article sur le sujet.

Durant son séjour, Eliott a travaillé dans le tout nouveau bâtiment d'ingénierie aérospatiale où il a rencontré des chercheurs du monde entier et pu suivre plusieurs séminaires. « Après le confinement nous avons dû nous contenter de meeting et conférences virtuelles. Heureusement, les membres du personnel académique étaient très accueillants et bienveillants. Ils m’ont par exemple prêté un vélo et m’ont invité à passer le week-end chez eux ! »

De cette expérience originale, l’ingénieur en électronique gardera de bons souvenirs.« Ma colocataire espagnole et moi étions confinés dans un micro studio. Mais Boulder étant situé au pied des rocheuses à 4200 mètres d’altitude, nous pouvions aller prendre l’air avec des randonnées ou du VTT et même du ski dans ce magnifique Parc national de Rocky Mountains. J’avais prévu de faire du ski et plein de visites dans les alentours, mais ce sera pour une prochaine fois. Au moins ce confinement m’a permis de me concentrer sur mon travail ! »