Publié le 11 mai 2020 Mis à jour le 15 mai 2020

Tulipal, le nettoyeur et stérilisateur de coupe menstruelle issu du projet Triaxes 2018-2019, prend son envol. Lucas Secades (Ir. 2020) et Lara Soggiu (SBS-EM) s’apprêtent à accueillir plusieurs stagiaires cet été avec un objectif clair : développer un prototype 100% fonctionnel, clôturer le business plan et lancer leur start-up.

Tulipal L’histoire de Tulipal commence en 2018. « Je venais de finir un stage dans une start-up. J’avais adoré l’esprit d’entreprise qui y régnait. Quand on m’a proposé de participer à Triaxes, alors que j’étais seulement en MA1, j’ai accepté », raconte Lucas Secades, étudiant en aéronautique.

Durant le projet, Lucas et son équipe ont imaginé un objet innovant et audacieux : un dispositif 2 en 1, à la fois nettoyeur et stérilisateur, pour les utilisatrices de coupe menstruelle. Encouragés par l’équipe pédagogique et un prix du public, les étudiants rejoignent le Start.Lab de l’ULB puis rentrent en contact avec le cluster LifeTech. « On a été super bien encadrés et on a énormément appris », témoignage Lucas.

Alors que certains membres de l’équipe se lancent dans la vie active, Lucas dispose d’encore d’un an pour lancer le projet. Il décide d’y consacrer son mémoire. « Je cherchais autour de moi quelqu’un pour reprendre le côté business », se rappelle-t-il. Grâce à une amie en commun, il tombe sur Lara Soggiu, étudiante à la Solvay Business School – Economics & Management : « Lucas m’a appelée alors que j’étais en vacances. Je ne le connaissais pas, mais j’ai été séduite par le projet et le fait qu’il traite d’un sujet encore tabou. »

Lara se trouve donc catapultée dans l’entreprise Tulipal « J’ai dû changer de sujet de mémoire et de promoteur, découvrir une nouvelle équipe et intégrer un business plan déjà avancé, mais c’était une excellente opportunité d’en apprendre plus sur l’entrepreneuriat et de mettre à profit les compétences développées au sein d’associations étudiantes », assure-t-elle, enthousiaste.

L’équipe se met directement au travail : elle élabore un site et noue de nombreux contacts avec le monde de l’entreprise. Après son Erasmus à Supaero, Lucas se retrouve en duo avec Lara. « Notre objectif est à présent d’arriver à un prototype 100% fonctionnel. L’étape suivante sera de le rendre industrialisable pour être reproduit et vendu », explique Lucas.

Lucas et Lara Pour y arriver, Tulipal va pouvoir compter sur des stagiaires. Un ou deux étudiants de BA3, financés grâce à la bourse B-start, et un étudiant de MA1 viendront prêter main forte à Lara et Lucas cet été. « Ce qu’on attend d’eux ? Qu’ils soient pluridisciplinaires, créatifs et indépendants ! » Les étudiants vont en effet devoir relever plusieurs défis, techniques d’abord. « La technologie n’est pas très compliquée, mais ce qu’on attend d’eux c’est qu’ils sachent où aller chercher les réponses. Il y a notamment une phase pré-industrielle très importante. », indique Lucas.

Les étudiants vont également devoir se frotter au marketing, au développement de site Web, au packaging et aux brevets. « Ce qu’il nous manquait jusqu’à présent, c’est du temps. On a la chance d’être bien encadré et de bénéficier d’un bon environnement de travail, donc cet été, on sera dans les conditions idéales pour faire avancer notre projet. »

Un projet auquel ils tiennent particulièrement, pour son côté écologique et féministe. « En tant qu’ingénieurs, nous avons la responsabilité de créer des objets qui respectent l’environnement ou contribuent à rendre la société plus durable, affirme Lucas. C’est important aussi de participer à la démystification des règles. »  Lara enchaîne : « Il faut oser en parler. Plus les étudiants échangent sur les solutions actuelles, plus il y aura de projets innovants pour  améliorer les périodes de menstruations que vivent la moitié de l'humanité. »

Si Lucas et Lara sont ambitieux, ils n’en gardent pas moins les pieds sur terre : « Si on nous copie, si le projet échoue, ce n’est pas grave. On aura énormément appris tout au long du processus. Tant que l’on est encore aux études, on a évidemment moins peur de l’échec, mais c’est parfois utile pour prendre des décisions plus risquées. »