Publié le 3 août 2018 Mis à jour le 27 mars 2019

Le service LISA vient d'acquérir un système de capture de 15 caméras. Objectif : enrichir l'expérience du spectateur en multipliant les points de vue.

Vous rappelez-vous de cette scène culte de Matrix où Néo évite les balles tandis que la caméra tourne autour de lui ? Elle a en fait été réalisée grâce à une série d'appareils photos disposés tout autour de l'acteur et dont les images ont été combinées par fondu enchaîné. Cet effet, appelé le « Bullet time », l'équipe 3D du service Lisa peut désormais le reproduire et l'étudier grâce à l'acquisition d'un système de capture de quinze caméras avec enregistrement synchronisé.

Soutenu financièrement par Innoviris, le projet de recherche 3DLicorneA devrait permettre, à terme, d'enrichir l'expérience visuelle du spectateur en multipliant les points de vue. « Par exemple, lors d'un match de foot, des dizaines/centaines de caméras placées au bord du terrain pourraient donner la possibilité aux téléspectateurs de choisir le meilleur angle de vue sur une phase de jeu, notamment sur un but »,explique ainsi Gauthier Lafruit, professeur en réalité virtuelle et traitement d'images.

Le LISA s'intéresse en effet à l'acquisition 3D sous toutes ses formes, afin de réaliser des rendus de réalité virtuelle extrêmement fidèles. L'Hôtel de Ville de Bruxelles a ainsi été scanné par laser pour obtenir un nuage de points de très haute qualité permettant une visualisation 3D et même la création d'un hologramme visible à l'œil nu. Le laboratoire a également photographié des lieux en 360° pour des expériences d'immersion visuelle.

Mais avant d'être commercialisées, ces technologies doivent tout d'abord répondre à des standards... que les experts doivent encore déterminer. « Le comité de standardisation MPEG, qui a permis le déploiement mondial de la télé numérique par le passé, se penche actuellement sur les technologies immersives de réalité virtuelle sous le nom de MPEG-I (le 'I' d' 'Immersif'). Un demi-millier d'experts se réunissent ainsi quatre fois par an aux quatre coins du monde pour définir le standard du futur », explique Gauthier Lafruit.

L'équipe 3D du LISA n'est pas en reste puisqu'elle participe activement aux activités du groupe. Elle a même obtenu, grâce au soutien de l'ULB et la présentation du dossier par nos collègues de l'université de Gand, que la réunion MPEG-I de janvier 2020 se tienne à Bruxelles. Un privilège pour la Belgique, qui n'avait pas accueilli un tel événement depuis 1993.

Date(s)
le 1 juillet 2018