Publié le 6 avril 2021 Mis à jour le 20 avril 2021

Ingénieur civil en informatique diplômé en 2020, João Marques Correia a séduit le jury d'Ingénieurs Sans Frontières (ISF) avec son mémoire consacré au perfectionnement du système de monitoring des patients CERHIS, implanté dans les centres hospitaliers de la République démocratique du Congo.

João Marques Correia Cette année, le choix a été difficile pour les jurys d'Ingénieurs Sans Frontières. "Les mémoires soumis pour le prix "Prix Ingénieurs sans frontières - Philippe Carlier 2020" étaient tous d'un excellent niveau", confie Hülya Altinok, présidente des jurys. Même si le travail de João Marques Correia, Ir. Info 2020, n'a pas été retenu pour le prix, il a été salué par les membres du jury. Intitulé "Système intégré de monitoring pour centre hospitalier en Afrique" (Promoteurs : François Quitin, Antoine Nonclercq et Quentin Delhaye), son mémoire propose d'améliorer le système de suivi des patients CERHIS mis en place dans les centres hospitaliers de la République démocratique du Congo (RDC). Il fait suite à plusieurs projets d'étudiant.e.s de la Cellule de Coopération au Développement de l’École polytechnique (CODEPO).

" Les systèmes d'information hospitaliers sont aujourd'hui un outil important pour fournir de meilleurs soins de santé aux patients. En effet, accéder aux antécédents médicaux complets en quelques secondes permet aux membres du personnel hospitalier de prendre une décision plus informée et plus personnalisée pour chaque patient. Malheureusement, le déploiement de ces dispositifs est très complexe, en particulier dans les pays en développement où le système rencontre de nombreux obstacles, comme les coupures de courant, le coût élevé du matériel informatique, le manque d'accès à une connexion Internet fiable et les interfaces utilisateurs non adaptées aux agents locaux ", explique João.

Perfectionner le système d'information

Dispositif Joao C'est dans ce contexte que l'Agence Européenne pour le Développement et la Santé a développé le système d'information CERHIS. L’infrastructure de CERHIS est constituée de plusieurs composants, dont des tablettes Android, un serveur local et un système d’alimentation sans interruption. Afin d’assurer l’opérabilité de CERHIS, les différents éléments doivent être surveillés en permanence et les techniciens doivent être alertés en cas d’une défaillance. C’est ce dernier problème que le mémoire de João a voulu tacler en créant une solution de monitoring local, capable d'avertir des techniciens à distance, sans passer par une connexion Internet. Grâce à des alertes, les techniciens peuvent veiller sur l'infrastructure de plusieurs centres hospitaliers en même temps et intervenir rapidement sur les incidents identifiés par le système. 

Un travail approfondi et des résultats prometteurs

"Il s'agit d'un très bon travail, complet et finalisé. Le sujet est pertinent et a véritable impact. João a également pu collaborer pleinement avec les partenaires sur le terrain, ce qui lui a permis de prendre en considération les contraintes économiques qui pèsent sur les acteurs du système de soin et sur le pays, de façon générale", explique Hülya Altinok. L'ingénieur a en effet opté pour des logiciels documentés et open source (tels que Grafana et Prometheus) afin de minimiser les coûts du produit final et en faciliter la gestion pour les techniciens sur place. 

"Les tests effectués ont été très prometteurs. Le prototype ainsi que le logiciel de monitoring se sont montrés fiables et répondent aux attentes initiales. En revanche, malgré sa fiabilité, la plateforme IoT Communication-as-a-Service, Thinsgtream a posé des problèmes et constitue actuellement le goulot d’étranglement de la solution proposée ici", admet João. Une honnêteté et une capacité d'autocritique également appréciées du jury, qui note que l'ingénieur a pu "cerner les limites de son travail". Grâce à un historique de données médicales informatisé et accessible au personnel de soin, l'outil de monitoring proposé dans le cadre de ce mémoire permettra aux patients d'avoir accès à de meilleurs soins de santé et au personnel hospitalier d'être plus efficace. De quoi réduire, à terme, l'inégalité de soins entre les pays en voie de développement et les pays développés.