1. Ecole polytechnique de Bruxelles
  2. Accueil
  3. L'École
  4. Actualités

FabLab de l’ULB: des étudiants conçoivent des survêtements de protection pour le personnel soignant

Publié le 21 avril 2020 Mis à jour le 23 avril 2020

Pour répondre à la pénurie de blouses protectrices destinées au personnel soignant, deux étudiants ainsi qu’un jeune ingénieur diplômé de l’ULB ont travaillé d’arrache-pied au FabLab de l’Université ces trois dernières semaines afin de concevoir des tabliers de protection. La production démarre cette semaine. Une soixantaine de bénévoles de l’ULB (étudiants, diplômés, membres du personnel) ont répondu présents.

FabLab-Fabrication tabliers (équipe)1 "Il y a trois semaines, Jeanne Longlune (BA2) et Lucas Secades (MA2), étudiants à l’École polytechnique de Bruxelles (ULB) participaient à la fabrication de surmasques/visières au FabLab de l’ULB quand j’ai reçu un appel de l’Hôpital Erasme me signalant un manque de blouses de protection à usage unique", explique Alain Delchambre, professeur à l’École polytechnique de Bruxelles. Il propose alors à Lucas de trouver une solution rapidement. Celui-ci en parle à Jeanne et tous deux acceptent de relever le défi.
 

Deux modèles de machine …  FabLab-Fabrication tabliers (équipe)2

Jeanne et Lucas réfléchissent alors, avec les équipes du FabLab et du Département BEAMS de Polytech (Bio- Electro- And Mechanical Systems), au développement de deux types de machines destinées à fabriquer ces équipements: un modèle électromécanique pour la réalisation de surblouses en Polypropylène ou Polyéthylène en fonction de la demande des hôpitaux ainsi qu’un autre modèle, mécanique celui-là, conçu avec l’aide de Thomas Defoin (jeune ingénieur diplômé de l’École polytechnique de Bruxelles) pour la création de tabliers.  

… Pour deux types de survêtement 

Concrètement, les étudiants ont imaginé:
Des blouses entièrement fermées en plastique. Celles-ci sont encore en développement après un feedback des médecins. "Il y a encore un travail de recherche et développement à faire pour ces blouses, car elles sont trop chaudes, explique Jeanne. L’idée est de remplacer le plastique par un tissu plastifié, semblable à celui qu’on trouve dans les masques chirurgicaux, pour permettre à la chaleur de s’évacuer, tout en gardant le potentiel de protection. Nous sommes donc en train de revoir le processus de fabrication".  

FabLab-Fabrication tabliers (équipe)4 Des tabliers en plastique épais transparents. Le prototype a été validé par le corps médical d’Erasme. La production commence cette semaine. Des permanences sont organisées. Beaucoup d’étudiants ont répondu à l’appel, mais pas seulement, puisqu’on y retrouvera du personnel bénévole et des anciens étudiants de l’ULB.

Les besoins en tabliers à Erasme s'élèvent aujourd'hui à 1500 par jour. Une machine peut en fabriquer (avec 2 opérateurs) 2000 à 3000 par jour. Une commande de bobines de Polyéthylène a été passée pour pouvoir en concevoir 45.000 (besoin d'Erasme pendant 1 mois) afin de prendre de l'avance et générer du stock, précise Lucas. Ce mardi, ce sont 4 machines qui sont prêtes pour commencer la fabrication.

Les matières ont été financées par Erasme pour ses besoins propres et le seront par la Fondation Michel Cremer , partenaire du projet, pour les autres commandes car d’autres hôpitaux se sont en effet déjà manifestés.
Comme pour les visières réalisées au FabLab, la Fondation Michel Cremer apportera non seulement son soutien financier, mais assurera également la logistique de l’approvisionnement et de la distribution ainsi que le suivi des demandes.

Automatiser la production 

L’objectif à terme est de confier la production à une entreprise qui pourra automatiser la production. Certains anciens de l’École polytechnique de Bruxelles se sont déjà montrés intéressés. Le design et les informations seront en opensource afin que tous ceux qui le souhaitent puissent les produire.

Une expérience unique pour ces étudiants

"L’ambiance est super collaborative, cela me rappelle l’ambiance des projets à Polytech", raconte Thomas. "Et c’est super agréable d’avoir tous les outils et du matériel à disposition. Dans ce contexte, le Fablab est clairement une grosse plus-value".

"J’ai beaucoup appris pendant ces dernières semaines. Comme nous étions deux à travailler sur le projet, cela m’a permis de toucher à tout. La collaboration avec Lucas, qui a plus d’expérience que moi, était super agréable", relève Jeanne. Et d’ajouter en souriant: "On a beaucoup travaillé ces dernières semaines sur ce projet, maintenant il est temps que je me reconcentre sur mes études". Les examens ne sont en effet plus très loin…