Publié le 29 juillet 2020 Mis à jour le 3 août 2020

L’application numérique de tracing « CoronAlert », développée sous la supervision de Jean-Michel Dricot (Centre de recherche en Cybersécurité), devrait être lancée début septembre avec une garantie : le respect de la vie privée.

Annoncée durant la pandémie, CoronAlert, l’application numérique de tracing destinée à limiter la propagation du Covid-19 devrait voir le jour en septembre. Parmi les experts mandatés par les trois Régions, Jean-Michel Dricot, du Centre de recherche interfacultaire en Cybersécurité, se chargera de veiller à la sécurité des données des utilisateurs.rices.

 « L’objectif de cette app est de pouvoir alerter les personnes à risque et de les prendre en charge rapidement, par exemple en les testant », explique Jean-Michel Dricot. Actuellement, le tracing se fait sous forme d’enquête manuelle, par l’intermédiaire de call centers. « Cette méthode, coûteuse en temps, n’est pas très efficace dans le cadre d’une maladie qui se propage très vite. Elle demande également aux personnes infectées de communiquer la liste de leurs contacts durant les dernières semaines, ce qui n’est pas toujours fiable et certainement pas optimal du point du vue du respect de la vie privée. D’où l’idée d’utiliser une application mobile pour compléter ce suivi manuel. »

Si une telle application peut faire peur, Jean-Michel Dricot tient toutefois à rassurer le public. « Il ne s’agit pas ici de localiser les personnes, ni d’enregistrer qui sont vos contacts. Le système est basé sur l’utilisation de bluetooth, qui enverra autour de vous des messages anonymes à intervalle régulier, en combinaison avec de la cryptographie, pour masquer les identités et sécuriser les communications », indique-t-il. Le mécanisme ne repose donc sur aucune donnée personnelle ou de localisation et ne se fait pas à l’insu de l’utilisateur. « On préserve ainsi, dès la conception de l’architecture du système, l’anonymat parfait des informations : l’identité des personnes infectées n’est jamais révélée vis-à-vis des personnes à risque », assure le chercheur.

Afin d’ajouter une couche supplémentaire d’anonymat et éviter la révélation de données médicales sensibles, les avertissements seront envoyés en différé. L’utilisateur.rice pourra charger une fois par jour la liste des messages bluetooth correspondants à des personnes diagnostiquées positives et croisées durant les deux dernières semaines. « Il sera donc impossible de savoir qui est infecté autour de nous tout en étant informé de son état de santé », conclut Jean-Michel Dricot.

Dans ce travail, Jean-Michel Dricot sera épaulé par son collègue Olivier Markowitch (Faculté des Sciences). Ils rejoindront les professeurs Legay (UCL) et Preneel (KUL) afin de superviser le développement et les tests de sécurité avant le lancement de l’app CoronAlert, prévu en septembre.