Publié le 31 mai 2021 Mis à jour le 1 juin 2021

Surprise pour les chercheurs du EMNS : les métaux les plus précieux s'accumulent dans l'eau des stations d'épuration bruxelloises et non dans les boues résiduaires. Le laboratoire va maintenant s'attaquer à leur extraction.

Un véritable trésor se cache dans nos eaux usées ! C’est le postulat du projet SUBLIMUS, qui rassemble le laboratoire EMNS (Engineering of Molecular NanoSystems), le laboratoire Analytical, Environmental and Geo-Chemistry de la VUB et le Labiris. Démarré en mars 2019, le projet financé par Innoviris vise à valoriser les boues résiduaires des stations d’épuration bruxelloises pour en extraire les particules de métaux nobles, tels que l’or, l’argent et le platine.

Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. « Au bout d’un an de suivi sur les entrées et sorties de la centrale Bruxelles-Nord à partir d’échantillons, nous avons constaté que les boues résiduaires, que l’on obtient au bout du processus d’oxydation par voie humide (OVH), ne concentraient pas tous les métaux recherchés. L’or, le platine, le cuivre et le nickel restaient en fait dans l’eau de la station, qui agit comme un accumulateur de métaux », raconte Gilles Bruylants, chercheur au EMNS et responsable ULB du projet.

Une surprise pour les chercheurs, qui ont dû réévaluer leurs méthodes d’extraction. « Avec cette découverte, il fallait deux procédés différents : l’un pour collecter l’or, le cuivre, le nickel et le platine dans l’eau issue de l’OVH et l’autre pour l’argent stocké dans les boues. Par souci d’efficacité et de rentabilité, nous avons choisi de nous concentrer sur l’eau. »

Les chercheurs de l’ULB et de la VUB vont à présent étudier comment extraire et purifier les métaux précieux sélectivement, de manière la moins dommageable possible pour l’environnement. L’EMNS a notamment développé des nanoparticules magnétiques, couvertes d’une couche organique capable de lier l’or. « Le métal est collecté par ces nanoparticules qui peuvent ensuite être simplement séparées du mélange à l’aide d’un aimant », indique Gilles Bruylants.

Avec cette méthode, les chercheurs espèrent collecter environ 10 kg d’or et 1 kg de platine dans les stations d’épuration de Bruxelles.